Ce blogue a trois ambitions. D’abord, il désire instaurer un dialogue collaboratif et nourrissant entre praticiens du développement, tout particulièrement mais non exclusivement, ceux et celles qui œuvrent en développement local, afin de « mieux penser notre agir ou de mieux agir notre pensée » lors de nos interventions. En ce sens, il sera une communauté virtuelle d’avancement des pratiques. Il va s’en dire que la contribution de chercheurs ou de théoriciens est la bienvenue.
Ensuite, il se veut être un outil profitable pour notre clientèle et tous les acteurs et actrices terrain que nous accompagnons et qui prendront le temps de le regarder de plus près. Parmi les articles, les nouvelles et les billets de blogue de ce site, les gens pourront y déceler un manuel d’outils leur proposant des façons d’améliorer leur capacité d’agir. Bien sûr, dans biens des cas, une investigation plus poussée sera nécessaire, comme une recherche d’information supplémentaire ou un besoin d’accompagnement. Ce blogue n’est pas une panacée, mais s’il peut déclencher une certaine prise de conscience, il aura atteint son but.
Enfin, ce blogue a une certaine ambition de nature politique (dans le sens noble du terme). Je travaille pour une SADC (Société d’aide au développement de la collectivité). Les SADC sont des organismes de développement local. Celui-ci constitue une (ou des) manière (s) de voir et de faire le développement. Nous portons cette vision et savoir-faire dans nos actions quotidiennes en temps que professionnels. Nous la portons également sur la place publique, d’où la question du positionnement public. La philosophie du positionnement public de notre organisme fera l’objet d’un autre billet de blogue (voir l’organisation et le positionnement public).
Du reste, ce n’est pas seulement les SADC mais toutes les organisations qui sont concernées par cette question de positionnement public.
Le positionnement public est un acte de communication d’une organisation qui véhicule un message clair et crédible sur des sujets qui la concernent de près ou de loin. On entend généralement par « prendre position » le fait de se prononcer sur un sujet donné en y apportant notre grain de sel. Ainsi, le positionnement public se veut un message qui tente d’influencer une perception, le déroulement d’un projet, d’un événement, d’une situation, d’une décision, etc.
La politique de positionnement public insiste davantage sur les informations stratégiques que sur les informations courantes de l’organisme. L’information stratégique est une information qui vise à renseigner ou à sensibiliser un auditoire (population, acteurs, élus, partenaires, institutions, clients, ministères et autres) sur les situations ou événements problématiques pouvant affecter le développement d’une ou de plusieurs collectivités ou communautés.
L’Information courante est une stratégie de relations publiques classique où l’information vise la promotion organisationnelle et la valorisation de l’image corporative en présentant nos réalisations et nos services. Jusqu’à maintenant, c’est sur cette information que l’on se base pour améliorer notre visibilité. Mais, comme le rappelle l’UNESCO, pour des organisations parapubliques telles que la nôtre « Informer le citoyen, c’est beaucoup plus que de se livrer à des exercices d’autosatisfaction ». Il n’est pas question ici de laisser tomber la pratique de l’information courante, mais notre politique de positionnement privilégie l’information stratégique.
Une information stratégique qui véhicule nos manières de voir et de faire le développement :
Les SADC sont des organismes de développement local, une notion qui prône un développement intégré et durable, qui mise sur la prise en charge du milieu par le milieu, qui encourage l’amélioration des aptitudes des gens à se doter d’une qualité de vie, etc. Ce sont là des « manières de voir et de faire » le développement. Ces manières de voir et de faire sont en action, y compris celle qui consiste à les défendre, à les confronter, à les mettre de l’avant, sinon nous n’avançons pas, et on évite les occasions de nous remettre en question.
L’information est susceptible d’entraîner des controverses. Chercher à tout prix à éviter ces inconvénients est incompatible avec la fonction même d’informer. Il ne s’agit pas de provoquer gratuitement, mais, on ne fait pas d’omelette sans casser quelques œufs. (Encore une fois l’UNESCO)
Ainsi, informer le public et le citoyen pour la SADC des Sources consiste à partager nos connaissances dans le domaine du développement, de se prononcer sur des enjeux de développement, d’amener un éclairage nouveau, une couleur spécifique à l’analyse d’une réalité, de proposer des pistes d’action, de contribuer à une prise de conscience, à un changement des comportements, à la mobilisation des ressources, et à la limite, de faire évoluer les politiques publiques. Bref, il s’agit de maintenir vivant le débat sur nos domaines de compétences.
Le site de la SADC des Sources est un essai pour combiner ensemble l’information courante (éléments du site) et l’information stratégique (éléments du blogue).
Deux personnes jasent : Il faut plaindre les pays qui n’ont pas de héros. Non, il faut plaindre ceux qui en ont de besoin (une citation de Sarah Bernard, si ma mémoire est bonne). Dans le domaine du développement, la question des leaders est importante, mais ne tombons pas dans l’idolâtrie.
Selon l’avis d’un spécialiste (Henry Mintzberg), il serait même dangereux de faire la promotion excessive du leader. Nous aurions tort de nous en remettre à ces seuls individus pour faire avancer nos organisations et nos sociétés. L’émergence d’un leader ou du leadership est le résultat d’un processus collectif. En misant sur l’individu, nous réduisons les autres au rôle de suiveurs et nous transformons ce processus social et un processus personnel et nous portons atteinte au sens de la communauté qui joue un rôle crucial dans le développement des organisations ou des communautés. Ainsi, le leadership est intégré à un ensemble organisationnel. Ainsi, Mintzberg propose un nouveau terme plus adapté au phénomène du leadership, le « communautéship », pour décrire les processus collectifs qui mènent à des réalisations remarquables. Voir le lien suivant
Cette nouvelle forme de gouvernance nous amène à nous interroger sur notre propre façon de voir le leadership ou de travailler avec des leaders.
